mardi 28 avril 2026

Le retenir c'est le perdre.

 

A nouveau au matin, nous nous assîmes, tranquilles, devant cette merveilleuse pelouse, d'un vert tendre, si parfaite.

Les rayons du soleil jouaient sur l'herbe fraiche et sur les jeunes feuilles des grands arbres alentour.

Mais l'unique tulipe jaune que nous avions contemplé, si gracieuse, aux pétales si délicats, incarnation de la beauté, avait cette fois disparu.

Fanée ou coupée, nous ne la reverrions plus.

Dans la nature, en ce jour radieux de printemps, la beauté était partout, mais fragile, car l'impermanence guettait. Pourtant, cette fragilité, participait de la beauté éphémère qui s'offrait à nous.

Il en est ainsi de toutes les choses essentielles, comme la paix, la joie, l'amour, la beauté.

Elles sont à consommer sur place, dans la fraicheur de l'instant.

Vouloir les saisir, les emporter avec soi, les mettre sous cloche, ou tenter de leur donner une continuité, est le plus sûr moyen de les perdre.


samedi 18 avril 2026

La joie se révèle.

 

Sur la pelouse d'un vert tendre, s'épanouit une tulipe, une tulipe jaune.

C'est l'unique fleur du jardin.

Elle laisse s'ouvrir merveilleusement, ses délicats pétales de velours, illuminés par le soleil.

Nous regardons cette unique tulipe, sans un mot, sans une pensée.

Dans cette contemplation silencieuse, sans effort ni intention, se révèle la beauté, l'essence même de toute beauté.

Cette beauté nous touche profondément, elle abolit toute séparation, et la joie vient.

lundi 6 avril 2026

Une grande paix descend sur la terre.

 

Le soir tombe et commence à résonner des mille bruits de la nuit.

Le ciel devient immense, parcouru de nuages qui s'empourprent des derniers rayons du soleil, certains sombres et menaçants, d'autres très blancs, comme ourlés de lumière.

Doucement, l'alizé les disperse et les grands cocotiers font se balancer leurs palmes au grés de la brise.

Une grande paix descend sur la terre qui s'endort dans la tiédeur du tropique.

Tous, nous la ressentons, et devenons naturellement silencieux.

Nous rentrons sans un mot dans la douceur bruissante de la nuit, le coeur en paix.