mercredi 19 décembre 2018

Le rôle spirituel des objets.

Question :
Pouvez-vous reparler du rôle spirituel des objets ?
Réponse :
Les objets ont essentiellement deux raisons d'être.
La première est fonctionnelle. Une fourchette sert à manger.
La deuxième est spirituelle. Cette deuxième fonction des objets vient du fait suivant :
Tout objet apparaît et est perçu par la Conscience, qui le perçoit.
Autrement dit, l'apparition, l'existence même d'un objet, implique la réalité de la Conscience.
C'est ainsi que l'objet, perçu au sein de la Conscience, a également la capacité de la révéler, un peu comme la tâche noire, nous révèle l'existence de la page blanche qui en est le support.
Réalisant cela, les choses, les situations, non seulement ne sont plus vécues comme des obstacles, mais deviennent des aides.
Cela est vrai pour n'importe quel objet, cependant, certains furent créés spécifiquement dans ce but, comme les objets sacrés par exemple.
Cette étape est essentielle, c'est l'instant où l'objet nous dévoile sa source, la Conscience.
L'étape suivante, indépendante de toute volonté personnelle, sera la découverte selon laquelle les objets sont la Conscience elle-même.

mercredi 12 décembre 2018

Se libérer du temps.


Question :
Je m'aperçois qu'avec le temps et les années qui passent, vient souvent comme une sourde tristesse qui jette son voile sur la vie. 
Que faire?

Réponse :
L'illusion d'être une personne séparée, nous plonge au cœur de l'espace-temps.
L'espace est une chose tout-à-fait nécessaire à notre développement et à notre bien-être, mais le temps, devient vite un problème majeur.
Durant la jeunesse, le stress du temps se dilue dans les espoirs, les aspirations, les utopies, mais plus nous avançons en âge, plus les mâchoires du temps semblent se refermer sur nous.
Il est difficile d'avancer un nombre d'années précis, mais vers la cinquantaine, une certaine forme de désenchantement semble prendre le pas sur la joie et la fraicheur.
En général, cela ne fera que s'accroître.
Qui a côtoyé nos seniors, par exemple dans les maisons de retraite, a pu constater la tristesse, les regrets, et souvent l'immense chagrin qui y règnent, la plupart du temps dissimulés sous le voile de la pudeur.
Bien sûr, c'est une grande chance si nous avons une activité qui nous passionne, et dans laquelle nous nous épanouissons, si nous connaissons de bons amis, ou sommes entourés d'une famille aimante.
Bien sûr, c'est un avantage si nous savons cultiver un certain art de vivre, en essayant, par exemple, d'illuminer le quotidien même avec les plus petites choses.
Pourtant le temps est là, qui nous guette, avec ses menaces liées à la vieillesse, à la décrépitude, à la maladie, à la solitude et à la mort.
Alors que faire?
Comment conserver la fraicheur, la joie, le don d'émerveillement, comment gagner la paix, la complétude ?
Il semble que toutes nos stratégies n'y suffisent pas.
Pour échapper, peut-être, aux griffes du temps, il faut s'en libérer totalement.
Cela, la personne ne peut le faire, puisqu'elle est elle-même le temps.
L'invitation est de voir que cette personne, essentiellement le corps-mental, et donc le temps, est perçue.
Elle danse et apparaît en nous.
Ce lieu où elle se déploie, nous, est l'espace que nous sommes vraiment.
On l'appelle souvent, la Présence-consciente.
Cet espace conscient que nous sommes est la liberté même.
Il est libre des choses, des objets, de la personne, des problèmes et du temps.
Alors, peut-être pouvons-nous nous laisser faire, et laisser doucement se découvrir cette infinie Présence, cette plénitude d'amour et de douceur, qui seule pourra réenchanter la vie, notre vie,
au-delà de l'espace et du temps.

samedi 1 décembre 2018

Gilets jaunes: fin du monde ou fin du mois ?



Cet automne, de nombreux citoyens manifestent en revêtant un gilet jaune.
Le début de cette fronde, trouva sa source, dans l'augmentation toujours plus forte, des taxes sur les carburants. 
Le gouvernement, justifia ces augmentations, par des raisons écologiques à savoir:
"Il faut limiter l'utilisation des carburants polluants, sinon, l'inexorable pollution de l'air, nous conduira fatalement à la fin de notre monde." 
Ce à quoi les gilets jaunes répondirent en substance:
"La fin du monde c'est une chose, mais nous, notre problème, lorsque déjà le 15, le frigo est vide et qu'il n'y a plus d'argent, c'est la fin du mois."
Fin du monde, contre fin du mois ?
Une autre option existe.
L'identification erronée à l'égo, à un pseudo moi, c'est-à-dire à la croyance, d'être une entité personnelle et séparée, qu'on arrête pas de défendre et de nourrir, crée en nous le sentiment de séparation, d'incomplétude et de souffrance.
A partir de cette croyance, les uns ne cessent de vouloir s'enrichir au détriment des autres.
Même les bons sentiments, écologiques ou autres, deviennent factices.
Les révoltes populaires, exacerbées par les injustices, sont souvent justifiées.
Mais la source, la racine de l'égoïsme et de la souffrance, réside essentiellement dans cette identification en un moi séparé, et cette souffrance, devient celle du monde tout entier.
Aussi, en ce sens, la fin du moi, est-elle la fin de la souffrance, et sans doute aussi, celle de la folie humaine, qui nous mène à la catastrophe.
Autrement dit, sans la fin du moi, ce pourrait bien être la fin du monde.

mardi 20 novembre 2018

Méditation. Spanda : la vibration.

Libre de toute notion d'être une personne séparée, abandonné à la Présence, dans la paix du cœur, surgit soudain le son du silence.
Il apparaît on ne sait d'où, il se déploie, nous enveloppe, s'expanse, plein de douceur et de puissance.
Il résonne dans ce monde et au-delà, comme la trame invisible de toutes choses qu'il traverse et dont il semble être la substance.
Le son du silence n'est pas seulement son, il est vibration, Spanda, et son écho nous traverse et se déploie dans tout l'univers.
Lorsque spontanément, naturellement, cette subtile et puissante vibration est perçue, abandonnez-vous à elle.
La source d'où elle surgit est toute proche.

mardi 23 octobre 2018

Faire ou ne pas faire.



Les tenants de certaines Voies spirituelles ont comme credo :
"Il n'y a rien à faire."
Et ils fustigent parfois les pratiquants des autres Voies, leur disant en substance:
"Voyez parmi tout ceux qui se consacrent à toutes sortes de pratiques, combien d'entre eux ont vraiment réalisé la Voie, ou la vérité ?"
Pas grand monde il est vrai.
Et ces pratiquants de leur répondre:
"Voyez parmi tout ceux qui ne font rien, combien y sont parvenus?"
Pas grand monde non plus, c'est sûr.
Alors que penser et que faire?
Voici une suggestion.
Voyez qu'il n'y a personne, mais réellement personne. Pas de moi, pas d'entité personnelle, pour penser, choisir, pratiquer.
Puis dans cet espace d'accueil, constatez que toutes choses surgissent, librement, naturellement.
Il n'y a personne non plus pour se faire du souci.
Alors pratiquez, méditez, célébrez, agissez, ou restez simplement sans rien faire.
Comprenez qu'il peut y avoir pratique, choix, action, ou absence d'action, mais sans pratiquant, sans acteur, sans décideur, sans penseur.
Là est le secret de la paix et de la liberté.
Là, tous les débats stériles et les querelles ignorantes s'évanouissent.

mardi 16 octobre 2018

Transformer l'absence en Présence.

Le décès d'un proche nous laisse bien souvent avec un douloureux sentiment d'absence.
Absence de l'être aimé, absence de complice, de quelqu'un avec qui échanger, composer, se bagarrer parfois.
Une absence encore plus poignante qu'autour de nous rien ne paraît avoir changé.
Tout semble comme effroyablement normal, et personne ne paraît remarquer ce vide béant de notre cœur.
Cette absence, nous l'avions ressentie de façon tellement poignante, lorsque nous étions entrés dans l'appartement de ma tante, décédée abruptement peu de temps auparavant.
Sur la table de la cuisine, était encore posée sa tasse du petit-déjeuner, un verre d'eau, à moitié vide....
Dans le grand couloir, il y avait ces tableaux d'ancêtres, figés dans leurs cadres, qui semblaient nous regarder d'un air sévère.
Tout était là, immobile, pétrifié, et l'absence régnait.
Au-delà de ces instants cruels, il semble que nous ayons à accueillir pleinement ce sentiment.
Il est fait de pensées, de souvenirs, de tensions.
C'est dans l'espace ouvert de notre cœur que cela peut être reconnu, et c'est là et seulement là, que nous verrons cette souffrance doucement se dénouer et se libérer, comme celui ou celle qui nous manque.
C'est là aussi que subtilement, cette absence pourra se transformer en Présence.
Une Présence paisible, ouverte, aimante, pour tout ce qui voudra être accueilli et se libérer en elle.

mercredi 19 septembre 2018

Méditation du bord de mer.



La mer était d'huile ce matin.
Le soleil venait à peine d'en effleurer la surface et c'était un enchantement de bleu.
A cette heure matinale, bleu ciel était la bonne définition.
Plus tard, différentes nuances apparaitraient, bleu profond, bleu vert...
La brise de levant, l'eau deviendrait un peu agitée.
Mais ce matin très tôt, régnait une intense impression de calme et de beauté.
Contempler ce spectacle, ne suffit pas en soi à nous révéler l'essentiel, autrement dit, qui nous sommes vraiment.
Cela demeure caché, si nous demeurons perdus dans nos pensées, si nous scrutons chaque chose à partir d'un "moi", que nous ressentons être, si notre regard et nos pensées papillonnent sans cesse.
Restez calme, contemplez toute cette beauté d'un seul regard.
Laissez le paysage se déployer en vous, sans commentaire, sans mouvement, sans focalisation, sans aucune trace de "moi".
C'est ainsi, que sans effort, sans intention, presque par surprise, se révèle à vous la Conscience, ce qui perçoit, ce que vous êtes.
Et vous vient alors naturellement l'idée, que sans cette découverte, tellement simple, mais tellement essentielle, la vie n'a pas grand sens.
Plus tard en effet, la brise se leva. 
Les teintes de la mer se firent changeantes. 
Quelques belles baigneuses apparurent sur la plage.
Il est naturel finalement, de se focaliser parfois, mais rapidement, le parfum de l'esprit vaste, la Conscience, réapparaît, plus vaste encore que l'immensité bleue, où mer et ciel se confondent. 

mardi 4 septembre 2018

Profite et disparais.



La retraite d'été vient de s'achever.
Tout est redevenu calme et silencieux.
Nous sommes toujours en été, mais pourtant, quelque chose a changé à la fenêtre.
Comme si la lumière s'était adoucie.
Laissant s'élargir le regard, cette lumière paisible semble se refléter en chaque chose; le velours des sièges dans le salon, une antique statue de bronze, le feuillage des grands arbres.
Les grosses chaleurs s'en sont allées. Comme il est agréable de respirer l'air frais, déjà imprégné de senteurs automnales.
Dans le silence, on entend le bruissement de la brise dans les feuillages, le rire d'une pie, et une petite clochette, qui tinte dans le vent. 
Quelque chose, vient comme sur la pointe des pieds, nous dire:
"Détends-toi, laisse aller, découvre cette douce lumière en toi également.
Goûte la paix, douce, légère, profonde aussi, qui enveloppe toutes choses.
Surtout, profite de cette journée, de cet instant.
Jamais il ne reviendra.
Profite et disparais."

mardi 28 août 2018

Après une retraite.

La retraite d'été s'est terminée dans la joie.
Certes, ces quelques jours peuvent avoir parfois un peu bousculé nos certitudes, nos croyances, nos illusions; bousculé le confort du moi et ébranlé ses bastions, mais n'est-ce pas le but?
Lorsque l'illusion d'un moi séparé est démasquée, la clarté de cette vision-compréhension, nous laisse au seuil de l'intemporelle Présence.
La paix, la joie sans cause, le sentiment de non-séparation, en sont le parfum.
Certains découvrent ce bonheur, d'autres le pressentent très fortement, d'autres encore, préfèrent jouer encore un peu le jeu du moi et de la séparation.
Mais tous, sans doute, peuvent être touchés par ce parfum, celui de la source, Ce que nous sommes.
Après la retraite, laissez-le vous accompagner encore un peu.
Il ne manquera pas de revenir vous visiter, peut-être là ou quand vous l'attendez le moins.
Bel fin d'été à tous.
Nous espérons vous revoir.

mardi 7 août 2018

Malgrè les difficultés, découvrir la joie.

Question :
Ici, dans mon expérience, la Conscience a décidé de s'identifier au petit moi.
Alors qu'y faire?
Quand aux galères; santé, poisse, ennui, anxiété, mélancolie..... Je suis gâté.
Sans doute est-ce la célébration?
La réalisation, c'est encore pire que le loto, il y a encore moins de gagnants.
Certes une retraite permet de passer du bon temps avec des gens proches.
Mais ensuite, le retour, c'est l'horreur.
Alors non merci.
Réponse :
L'essentiel de la réponse à tout cela, est simple et direct, mais non pointé par tous les enseignants spirituels.
Il n'y a pas de moi !
Désolé si cela peut en mettre certains en boule, mais il en est bien ainsi.
"Moi, Je", est juste une croyance, une fausse impression, l'identification à une ombre, en l'occurrence des pensées, des sensations, des tensions.
Une fois cela vu clairement, qui va s'identifier à quoi ?
C'est une formidable libération d'énergie, que la détente de cette crispation sur un concept finalement inexistant.
Il faut bien voir que beaucoup des galères dont tu parles, ennui, anxiété, mélancolie.... sont totalement liées à cela.
La célébration n'a rien à voir avec la souffrance, elle est célébration de notre nature véritable, qui se déploie d'autant plus clairement que ce que nous ne sommes pas est vu et compris.
Si au jeu de la réalisation il y a peu de gagnants, c'est seulement que ce jeu n'intéresse pas grand monde.
Tu connais l'exemple du verre que certains voient à moitié vide et d'autres à moitié plein.
Passer du temps, sans attente, avec des ami(e)s partageant le même idéal, est une joie.
Bien sûr, par la suite, nous replongeons dans le monde, mais peu à peu, subtilement, ces bons moments peuvent s'étaler, s'élargir, jusqu'à recouvrir et inclure toutes choses, et doucement, toute notre perspective s'en trouve changée.....
Je te le souhaite.