dimanche 29 janvier 2017

La contagion du Soi.

Question :
Je n'ai pas trouvé normal que certains viennent à la retraite d'hiver un peu malade, sachant que la contagion sera inévitable. J'ai aussi été dérangé par le bruit que faisaient certains, en bougeant, s'étirant.....
Ne conviendrait-il pas d'être plus strict?
Réponse :
Le seul véritable risque de contagion, auquel on vient se soumettre en participant à une retraite, est celui du Soi.
Cette contagion de la Présence, se réalise naturellement, lorsque un certain nombre de personnes se réunissent, en partageant le même amour pour la Vérité ou le Soi.
Une seule chose peut faire obstacle à cela, c'est lorsqu'on se focalise sur notre petite personne, ses problèmes, ses revendications, ses inconforts, ses jugements....
Je me rappelle d'une anecdote à propos de Ramana  Maharshi.
Un disciple indien avait acquis une radio, chose sans doute assez nouvelle à l'époque.
Il l'emmenait partout avec lui, en la faisant marcher à fond, programme style musique Bollywood à tue-tête, y compris dans la pièce réservée au satsang et à la méditation.
Tout le monde était bien sûr dérangé, mais personne n'osait rien faire, attendant que le Maharshi dise quelque chose.
Or, il restait immobile et silencieux, tel un sphinx, selon son habitude.
Au bout de trois jours, une disciple occidentale de passage craque, et dit à Ramana combien elle trouve cela inadmissible, que ça dérange tout le monde, etc, etc....
Et bien le Maharshi, pourtant habituellement si placide, se mit en colère, lui expliquant de façon tranchante, qu'ici, à l'ashram, il s'agissait de découvrir la paix indérangeable du Soi, au-delà de ce genre de petite perturbation.
Bon, il semble qu'assez vite, l'homme à la radio se lassa lui-même du bruit qu'il faisait.
Dans une retraite, nous accueillons tous ceux qui le souhaitent, pour peu qu'ils s'harmonisent un minimum avec le groupe.
Tous sont bienvenus, vieux, jeunes, malades, bons, mauvais, grippés......
C'est ainsi que se réalise la paix véritable, la joie véritable, la santé véritable, au-delà des petites vicissitudes de chacun.
Alors parfois en effet, on est en bonne forme, parfois malade.
Il est essentiel de préserver la Présence, au sein de laquelle tous les phénomènes vont et viennent.
Ultimement, là est la source du bien, de la santé et du bonheur.

mardi 3 janvier 2017

Voeux.

Jour de l'an
Arbres et brindilles
Fragile blancheur.
Bonne année et meilleurs vœux à tous et à toutes
dans la joie de la Présence.
A très bientôt.

samedi 24 décembre 2016

Fin d'année dans la Présence.

Nous sommes le samedi 24 décembre.
Certains se préparent à passer Noël puis le nouvel an en famille ou avec des ami(e)s.
D'autres seront seuls.
Dans les traditions, il est souvent dit que notre véritable famille, est celle constituée de ceux qui partagent avec nous le même amour pour la vérité, pour la Voie.
La retraite d'hiver débute dans quelques jours, et nous serons heureux à cette occasion, de rencontrer les membres de cette belle famille de la non-dualité, qui se réuniront avec bonheur dans la joie de la Présence.
Quelques informations:
La retraite d'hiver débutera le mercredi 28 décembre à 16 heures.
Prévoir d'arriver un peu en avance.
La première rencontre de l'année 2017 aura lieu à Paris, les 14 et 15 janvier.
Contact, inscription, écrire: michele.muller8@gmail.com
Ensuite: 10,11 et 12 mars à la Ciotat.
Programme à suivre début janvier.
Une idée de cadeau:
Le moine Gojo a participé à un livre électronique avec 16 autres enseignants de la non-dualité.
Vous pouvez télécharger gratuitement le livre sur le site:
espace-etre.org
Pour finir l'année sur une note amusante:
Deux nouvelles vidéos sur YOUTUBE avec des histoires drôles:
Tapez : le moine Gojo, puis cliquez sur chaine puis playlist, rubrique la personne.
Bonnes fêtes à tous et à bientôt.

dimanche 18 décembre 2016

La vie dans la Présence .

Repose toi
au sein de la Présence,
Ce que tu es.
Elle est accueil inconditionnel
pour tout ce qui s'invite en elle.
Le bon, comme le mauvais.
En elle, tout se libère et se dissout.
La paix, la joie, l'amour,
en sont le parfum.
Ensuite, la vie devient
célébration sans fin
de ce bonheur.
Chacun est invité,
sur le chemin de la reconnaissance
de ce qu'il est vraiment.
Tous nous partageons,
la même Conscience et la même joie.
S'identifier
à un moi personnel et séparé,
est l'obstacle.

mardi 29 novembre 2016

Progresser sur la Voie, améliorer la personne ?

Question :
Je sens encore que je fonctionne dans le sentiment de progresser sur le chemin .
Je crois devoir améliorer la personne, la dénévroser . Je connais très peu de moments de joie et de paix.....
Réponse :
On peut parfois parler de progresser sur le chemin.
De quoi s'agit-il alors?
Lorsque les moments de souffrance, de doute, d'abattement, se raréfient, lorsque les moments de paix, de clarté, de joie sans cause se déploient de plus en plus dans notre vie.
Mais aussi lorsque l'idée de saisir quelque chose, de progresser, de s'améliorer, disparaît de plus en plus de notre quotidien.
Voici sans doute des signes de progression.
Jusqu'au jour où nous réalisons que nous sommes déjà ce que nous cherchons, qu'il n'y a fondamentalement rien à atteindre et personne pour progresser.
Améliorer la personne, la "dénévroser", appartient à la psychologie et aux Voies progressives qui procèdent par accumulation de mérites.
Du point de vue absolu, cela n'a aucun sens de tenter d'améliorer une entité personnelle qui en fait, n'existe tout simplement pas.
C'est bien souvent cette recherche de perfection, de progression, qui nous coupe de notre perfection originelle.
Enfin, sachez-le, la quiétude, la paix, la joie, ne sont jamais loin. Il s'agit, tout simplement, du parfum de notre nature originelle, ce que vous êtes, et que vous refusez en courant après les objets, les concepts, poussé par le mirage d'une utopique perfection.
Réaliser, découvrir cela seul n'est pas évident.
Se relaxer dans l'ambiance amicale créée par ceux qui partagent le même idéal, est l'opportunité la plus facile et favorable pour découvrir Ce qui est.
A noter:
Retraite d'hiver du 28 décembre au 1er janvier 2017

mercredi 16 novembre 2016

Dialogue avec un moine Bouddhiste .



Nous étions assis tranquillement dans un jardin, à l'ombre de grands arbres.
Une douce brise nous rafraichissait, malgré la chaleur intense d'un été implacable.
En face, le moine avait choisi une chaise austère sur laquelle il pouvait maintenir une posture bien droite.
Il ajusta sa robe et dit :

"Lorsque je regarde un arbre par exemple, je ne vois pas un arbre.
Je m'exerce à ne voir qu'un objet tel qu'il est, sans aucun commentaire, même pas le mot arbre.
L'important est ainsi de rester dans la non-pensée et de la maintenir.
Ainsi, aucune perturbation ne peut s'élever, et c'est la paix."

-Cette attitude, semble, excusez-moi, basée sur l'hypothèse qu'il y a là quelqu'un capable de contrôler sa pensée, et de s'exercer à ce contrôle.
Mais qui va ainsi réussir à demeurer dans la non-pensée, à ne pas juger, à ne voir les choses que comme ceci, ou comme cela?
Autrement dit, qui est le contrôleur?
Le contrôleur semble ici exercer un contrôle sur les choses, mais n'est-il pas lui-même un objet?
Le contrôleur ne fait-il pas lui même partie du contrôlé ?
La paix qui semble résulter de cette attitude ne comporte aucune liberté.
Elle suppose d'enchainer une personne factice à un exercice particulier pour se maintenir.
Aussi est-elle très menacée.
Pourquoi avoir peur des choses, des objets, des pensées, de l'émotion....?
Voyez simplement que tout cela est perçu.
Laissez-le libre d'apparaître, de se déployer, de vous quitter.
Il n'est personne pour contrôler ou maîtriser quoi que ce soit.
Tout cela est le jeu de la manifestation se déployant au sein de la Conscience dont elle est l'activité même.
Soyez sciemment cette Conscience, libre des objets apparaissant en elle.
Là est la source de la paix, de la joie, même au milieu du tumulte.
Voyez que cette tentative de contrôle vient de la peur.
En aucun cas, ce qui vient de la peur ne peut nous conduire à la liberté.
Installez-vous plutôt au centre, là ou il n'y a personne, là ou tout est originellement libre et dépourvu de forme; sans effort et sans affectation, et profitez ainsi du bonheur de votre nature véritable.
N'était-ce pas finalement l'essentiel du message du Bouddha?

mercredi 9 novembre 2016

Attentats, posture et imposture.



Question :
Je réalise que tout ce qui arrive est juste. Catastrophes, attentats, aucun évènement n'est triste ou malheureux, il est.
J'essaie de ne plus mettre d'émotionnel  ni de jugement sur les choses, qu'en pensez-vous?

Réponse :
Je pense, à vous lire, que vous êtes totalement à coté de la plaque.
Votre fonctionnement me paraît être encore focalisé sur les choses, sur la bonne façon de faire, sur l'importance de ne pas mettre d'émotionnel, de considérer que tout est bon, même les pires horreurs....
Mais où est donc la personne capable de tout contrôler, de tout maîtriser ainsi ?
La non-dualité n'est en rien une nouvelle façon de fonctionner, où tout deviendrait fadasse et indifférencié.
Bien sûr que l'émotion, même intense apparaît, bien sûr qu'il peut y avoir rires ou pleurs.
Evidemment et heureusement, il y a jugement, et certaines actions sont totalement condamnables.
Tout cela, simplement, apparaît spontanément, naturellement en nous, c'est-à-dire à la Conscience.
Tout cela est le jeu même de la Conscience.
Il n'y a personne, aucune entité, pour le contrôler.
Etre établi dans la non-dualité, signifie se savoir être cette Présence-Consciente et assister au déploiement de sa manifestation.
Ainsi, dans l'absolu nous réalisons l'unité de toutes choses, mais dans les faits, nous contemplons et participons à leur diversité.
De là naissent la paix, la joie, l'harmonie et non d'une attitude affectée de pseudo contrôle.
La non-dualité ne doit jamais devenir une posture, elle ne serait alors qu'une imposture de plus.

mercredi 26 octobre 2016

La Conscience et son contenu .



Question :
Un des aspects de l'éveil, serait-il de percevoir la Conscience plutôt que son contenu ?

Réponse :
La Conscience étant le véritable sujet, "ce qui perçoit", elle ne peut jamais être perçue, ce qui en ferait un objet parmi d'autres.
Cependant, nous pouvons l'être sciemment.
Heureusement, les objets continuent à être perçus dans la Présence.
Sinon, comment feriez-vous pour retrouver vos clefs et rentrer chez vous?
Ils sont perçus comme l'activité même de la Conscience, et non comme séparés.
Autrement dit, l'éveil est la réalisation qu'il n'est pas de je, de moi, séparé, que nous sommes la Présence-Consciente au sein de laquelle les objets et la manifestation se déploient, comme la substance et l'activité même de la Conscience que nous sommes.
Simple n'est-ce-pas?

mardi 18 octobre 2016

L'implication de la personne dans la recherche .




Question :
La Présence est-elle réalisée par une forte implication du "je", de la personne, dans cette recherche ?

Réponse :
Ramana disait en effet, que pour enlever une écharde, une épine, on utilisait une autre épine pour extraire la première, avant finalement de rejeter les deux.
En fait, chaque cas est particulier.
Pour certains, tout semble couler de source, alors que d'autres paraissent fournir d'infinis efforts.
Le secret pourrait être de voir, qu'absence d'effort ou effort, sont tout deux des manifestations de la grâce, autrement dit, de l'activité de la Conscience.
Le "je" personnel en tant que tel, n'a rien à voir là-dedans.
Une investigation bien menée, nous montrera qu'il n'existe même pas.
Ainsi, comprenez que ce n'est jamais la personne qui réalise la Présence-Consciente.
Au contraire, découvrir la Présence-Consciente, signifie réaliser l'inexistence de toute entité séparée, de tout je ou moi personnel.
Alors effort ou absence d'effort, tout est le jeu de la Conscience, se célébrant elle-même.

mercredi 28 septembre 2016

Un dialogue sur la mort.



Un dialogue sur la mort, avec le moine Gojo.
(cet article a également été publié dans le dernier numéro (121) de la revue 3e millénaire).


Question:
Qu'est-ce que la mort?

Le moine Gojo ( M.G).
D'une certaine manière, on pourrait dire que c'est la fin du connu.

- C'est-à-dire ?

-M.G: Et bien la fin de tout ce que nous connaissons ou croyons connaître. Tous les objets, le monde, notre histoire, notre corps, nos pensées.

- Certains objets continueront après nous pourtant....

-M.G : C'est ce que vous croyez ?

- Ca me parait évident.

- M.G : Quelle preuve en avez-vous ?

- Et bien, plein de gens sont morts, et la terre continue de tourner par exemple.

-M.G : Plein de gens sont morts, mais pas vous !

-Que voulez-vous dire ?

- M.G : Simplement que tant que vous ne serez pas mort, vous ne pourrez savoir si le monde continuera à exister après.

- Certes, mais une fois mort, je ne pourrai probablement plus faire l'expérience du monde pour le savoir.

-M.G : Exactement.

- Donc, selon vous, au moment de la mort, tout disparaît ?

- M.G : Tout le connu disparaît, oui .

- Certains prétendent pourtant que les morts peuvent encore communiquer avec les vivants ?

- M.G : Sans doute ne sont-ils pas tout à fait assez mort.

- La disparition du connu, c'est donc l'inconnu ?

- M.G : Bravo !

- Cela paraît effrayant.

- M.G : Effrayant pour qui ?

- Pour moi évidemment.

- M.G : Voila.....

- Comment ne plus avoir peur de la mort ?

- M.G : Allez au cinéma.

- Sérieusement.....

- M.G : C'est impossible pour VOUS .

- Il faudrait au moins apprivoiser l'inconnu.

- M.G : Mais il ne serait alors justement plus si inconnu que ça.

- Cela pourrait nous rassurer .

- M.G : Oui, mais un inconnu connu nous renverrait toujours à la disparition du connu.

- Ca me fait peur.

- M.G : Désolé.

- Faut-il apprivoiser la peur ?

- M.G : Faites-vous en une amie.

- Une amie ?!  La mort aussi alors ?

- M.G : Pourquoi pas ?

- Une amie inconnue, drôle d'amie.

- M.G : Seul notre mental veut tout connaître, tout apprivoiser. La vie est sauvage et mystérieuse.

- Alors je reste avec ma peur de la mort?

- M.G : Voilà.....

- Et je m'en fait une amie.... Je peux lui parler?

- M.G : Pourquoi pas, mais surtout, apprenez à rester avec elle.

- Ok, je reste avec elle, et je fais quoi ?

- M.G : Rien !  Apprenez à rester silencieux.

- Pffffff.... Bon, super.
Nous sommes donc deux, moi et ma nouvelle amie, la peur de la mort....

- M.G : Non, pas deux !

- Comment ça ?

- M.G : Dans ce silence, vous n'êtes pas deux, il n'y a plus vous et la peur.

- Il y a quoi ?

- M.G : Il n'y a rien !

- Et donc ce rien ?

- M.G : Il est ce que vous recherchiez sans le savoir......
 Laissez le révéler son parfum....

A noter:
Prochaine rencontre:
Retraite d'automne à Apt en Provence
Samedi 15 et dimanche 16 octobre 2016
Contact:  lemoinegojo@gmail.com