Nous marchions sur un charmant chemin, traversant une forêt de hêtres.
Il était assez large, et en ce printemps précoce, bordé d'herbes vigoureuses d'un vert éclatant.
Marcher sur ce chemin forestier était un enchantement.
Au début, tous les sens étaient en alerte, essayant de se saisir du moindre phénomène, la silhouette majestueuse d'un arbre vénérable, une touffe de fleurs au bord du sentier, le chant lointain du coucou, le parfum subtil d'une brise douce et fraiche.
Tout à coup, un grand lièvre détala, presque sous nos pieds.
Puis le calme se fit.
Nous baignions dans un océan vert tendre qui se déployait en nous.
En l'absence du moi, toute séparation entre nous et cette beauté s'était comme dissoute.
L'espace du regard, l'ouverture des sens, étaient l'infinitude de la Conscience en laquelle se déployait cette promenade enchanteresse.
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