mercredi 19 janvier 2011

Les Gourous, y a-t-il quelque chose à faire?

Question :
J'ai dialogué récemment avec un gourou sur internet qui m'a dit que pour être le Soi, la Conscience, le Présent, je n'avais absolument rien à faire puisque je l'étais déjà, juste continuer ma vie comme d'habitude. Pourtant je ne me sens toujours pas satisfait de cela, qu'en pensez vous?
Merci
Paul.

Réponse :
Bonjour Paul.
Tout d'abord, soyons clair.
Dialoguer sur internet avec un gourou est rarement suffisant.
Il est vrai que les gourous fleurissent sur la toile actuellement.
L'éveil est à la mode, surtout l'éveil sans rien faire (et de préférence rapide).
N'allez surtout pas raconter que vous méditez ou que vous suivez une voie spirituelle, vous serez taxé d'ignorant ou de ringard.
Suivre un maître, parfois des années, voir même une vie, n'est plus tendance.
La plupart des enseignants sur le marché se sont contentés au maximum de quelques rencontres avec leur maître (qui la plupart du temps n'a pas le moindre souvenir d'eux), et de beaucoup de lectures.

La dernière mode est aux gourous spontanés.
Ils se réveillent un beau matin tout joyeux et s'autoproclament éveillés et bien sûr immédiatement enseignants (et accessoirement business-man, ou girl)
Tout cela est finalement plutôt amusant.

Si un enseignant croisé sur le net vous touche par ses propos, essayez de le rencontrer.
Même si ce n'est pas théoriquement indispensable, bien souvent, le contact direct avec quelqu'un vivant sciemment sa propre lumière est essentiel.

Sciemment est d'ailleurs le mot clef.
Bien sûr, vous êtes déjà le Soi, la Conscience, Cela.
Et alors??
Quelle importance, si votre vie est toujours aussi misérable?
Ce genre de choses, il ne suffit pas de les proclamer, il faut les réaliser et les vivre.
Cela passe souvent par la rencontre avec un maître, parfois par la méditation, une voie traditionnelle, ou autre chose.

Il n'y a pas de règle absolue.
Suivez votre intuition, suivez en vous le parfum du bonheur, il vous conduira à sa source.

Post-scriptum:
Tant que vous vous prenez pour une personne, une entité séparée; bien sûr, il y a des choses à faire.
D'ailleurs vous n'aurez pas le choix.
Lorsque vous vous savez être le Soi (et je ne parle pas ici d'une connaissance intellectuelle purement informationnelle), vous vivez votre liberté.
Libre du faire ou du non faire, que pourrait-il bien rester encore à accomplir?
La vie est célébration; profitez-en.

2 commentaires:

Benoit a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Anonyme a dit…

Question :
J'ai dialogué récemment avec un gourou sur internet qui m'a dit que pour etre le Soi, la Conscience, le Présent, je n'avais absolument rien a faire puisque je l'étais déja, juste continuer ma vie comme d'habitude. Pourtant je ne me sent toujours pas satisfait de cela, qu'en pensez vous?
Merci
Paul.


Un extrait que j’ai lu il y a peu, de Nissargadatta Maharaj («Je suis»)
N- Ce que vous êtes, vous l’êtes déjà. En sachant ce que vous n’êtes pas, vous vous en libérez et ce qui reste c’est votre état naturel.
[...]
- Mais fondamentalement, qui suis-je ?
N- L'ultime négation de que vous n'êtes pas.
- Je ne comprends pas
N- C'est l'idée fixe de devoir être une chose ou une autre qui vous aveugle.


Tu es le soi, la conscience... quelque part, mais caché derrière Paul qui cherche à être le soi, la conscience, le présent, qui dialogue avec des gourous, qui n'est pas satisfait.
Être à la recherche d’une méthode pour être le soi, d’une représentation de ce qu’est «être le soi» pour essayer de le vivre, c’est courir après du fumeux, une projection. C’est d’une certaine façon, une fuite de ce qui est. Tu ne peux pas te représenter ce qu’est «être le soi, la conscience...» peu importe l’appellation car ça t’est inconnu. Ce n’est pas quelque chose que tu peux identifier, reconnaitre, poursuivre.
Pars de ce que tu es, dans chaque instant de ta vie, ça c’est du tangible. Dans une observation ouverte tu peux accueillir ce que tu es, distinguer le vrai du fictif, ce qui est réel de ce qui est imaginaire, pure fabrication mentale.
La présence de représentations infondées crée le chercheur. Ce chercheur ne peut pas poursuivre quelque chose qu’il ne peut se représenter, mais il peut s’observer lucidement.

Sophie